Du Drama et des tartines

J'écris et parfois, j'angoisse. J'essaie de combiner les deux.

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Par Sarah Bocelli
47 articles
11 févr. · 2 mn à lire
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[Tartines] Conseil(s) lecture #3 : des thrillers pour douter de son intégrité morale

Je vous trouvais un peu trop à l'aise sous vos plaids et votre #cozycore, là.

Je ne sais pas si c’est un truc d’anxieuse, ou un truc de personne qui imagine des scénarios au quotidien, ou si c’est la même foutue chose au final - mais je me fais difficilement surprendre.

Par un roman ou une œuvre de fiction en général, j’entends. Si vous me donnez du “bouh” alors que je faisais la vaisselle en braillant “I WAS GETTING KINDA USED TO BEING SOMEONE YOU LOVED” avec Lewis Capaldi (chouineur mais terriblement efficace, les voisin·e·s en redemandent), je vais pousser un petit cri aigu pendant que tous mes mécanismes d’auto-défense en PLS vous envoient une casserole dans la face. Et passer un quart d’heure de plus, insensible à votre douleur, à vous hurler dessus tout en essayant de calmer les palpitations de mon petit cœur sensible.

Avec les scénarios de fiction, c’est un peu différent. À force de les détricoter, de les analyser pour comprendre leur efficacité et fabriquer les siennes, on finit, je pense, par reconnaître à des kilomètres les ficelles scénaristiques. Ce qui est un peu moche, quelque part. On ne s’émerveille plus d’un rien. Les plus grosses ficelles ne nous tirent plus que de profonds sentiments d’exaspération mâtinés d’ennui.

C’est pourquoi j’apprécie toujours un bon thriller capable de stimuler mes pauvres neurones fatigués en me sortant de ma zone de confort. Et vous savez quoi ? Parfois, c’est pas forcément à cause d’un plot twist que j’avais pas vu venir. Parfois, c’est juste que je n’avais pas… anticipé d’être aussi affectée. Chamboulée dans mes convictions. C’est perturbant, et presque nécessaire.

Si jamais c’est un truc que vous recherchez aussi, je vous livre ci-dessous mon top 3 du moment. Cordialement.

(Astuce de folie : cliquez sur les titres pour réserver le livre dans votre librairie indépendante préférée via Place des libraires.)

Embruns, Louise Mey

Les Moreau - Béa, Chris et leurs deux rejetons - sont la petite famille parfaite, et donc insupportable, par excellence. Comme dit la 4e, car j’ai la flemme des résumés je vous rappelle : “Voilà une famille qui a le bon goût dans le sang, chérit les matières nobles, les fruits du marché, le poisson jeté du chalutier, la tape amicale dans le dos des braves”. Un jour, ils décident de saisir une offre promotionnelle alléchante et d’aller passer le pont du 14 juillet sur une île de Bretagne.

Quatre parisiens (mais de banlieue riche, attention) en week-end sur une île isolée. Habitée par une poignée de Breton·ne·s qui se connaissent toustes. Seulement accessible par un bateau. Où on ne capte pas. Et voilà qu’une tempête s’annonce. Vous le sentez venir le coup fourré ? Évidemment. Ce que vous ne sentez pas tout à fait venir, c’est les Moreau. (Vous pensez que si, un peu, mais pas tant.)

Mirrorland, Carole Johnstone

Mon gros coup de cœur indétrônable depuis bien deux ans. Pour lequel je ne vais toujours pas faire l’effort d’un résumé car je suis aussi ingrate que flemmarde. Donc : “Cat est partie s’installer à Los Angeles, loin de sa ville natale d’Edimbourg, et de sa sœur jumelle, El, dont elle est sans nouvelles depuis de longues années. La première partie de sa vie semble effacée de sa mémoire. Mais le jour où elle apprend la disparition inquiétante de sa sœur, elle décide de rentrer en Écosse. Peu après son arrivée, des messages apparaissent en divers endroits de la maison, tels des indices dans une chasse au trésor. Tous font référence à Mirrorland, le pays imaginaire que les deux sœurs s’étaient inventé dans leur enfance, à la fois terrain de jeu et refuge personnel.”

Mirrorland, c’est une histoire à la fois dure, terrifiante et fascinante. Celle de deux gamines qui redessinent le monde qui les entoure pour y faire face. Bref, c’est l’histoire de traumas et de l’enfant devenue adulte qui apprend à les surmonter. Ça ne pouvait qu’être un thriller, et tout, de la finesse du récit à sa construction en passant par l’intensité émotionnelle, est incroyable.

La Vorace, Chelsea G. Summers (VO : A Certain Hunger)

Un peu plus de légèreté avec Dorothy Daniels, critique gastronomique et fine gourmet ! Enfin, en apparence, car madame commence le récit de sa vie depuis le fond d’une prison, avec de belles phrases de type : “Il est étonnamment facile de ravaler ses scrupules si vous vous abandonnez à votre appétit”.

“Sensible, méticuleuse, intelligente, [Dorothy] maîtrise les arts culinaires, mieux encore que certains grands chefs qui font l’objet de ses articles. Sa passion pour la nourriture n’a d’égale que celle pour le sexe : célibataire insatiable, elle se rend souvent en Italie pour savourer ses deux péchés mignons. Au grand dam de ses amants…”

Vous l’aurez sans doute compris : trigger warning [cannibalisme] ici. Ce n’est pas une surprise, le tournant horrifique se prend à vitesse de croisière. Par contre, ce n’est pas juste horrifique. Ce serait trop facile. Une lecture assez folle, qui devrait vous prendre au dépourvu à quelques reprises.


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